Le Collectif Anti-Nuisances Boulevard Urbain Sud  CANBUS  prend acte du rejet de l’appel contre la déclaration d’utilité publique concernant le Boulevard Urbain Sud.
La décision de la Cour Administrative d’Appel ayant été publiée hier 3 novembre, le collectif n’a pas encore pris de décision quant à un éventuel appel devant le Conseil d’Etat.
Cependant le collectif rappelle que le rapporteur public, lors de l’audience, a pris le soin de préciser que la Cour devait se prononcer sur la légalité de la déclaration d’utilité publique et non sur son opportunité, laquelle relève de la décision politique.
Le rapporteur public a également rappelé que la France avait été mise à l’amende par l’Europe concernant l’absence de mesures prises dans les grandes métropoles pour améliorer la qualité de l’air et que Marseille était l’une des villes les plus polluées de France. Il a enfin reconnu que le projet du B.U.S n’était plus dans l’air du temps.
Saturation du trafic
Le collectif a présenté plusieurs arguments : nombre importants de carrefours à feux, saturation prévisible de certains carrefours dès la mise en service du B.U.S, réduction du gabarit du projet initial sur certains tronçons. La Cour a statué que ces arguments ne permettaient pas d’établir que la fluidité de la circulation ne serait pas atteinte.
Manque d’études d’impact
Par ailleurs la Cour ne retient pas comme motif d’annulation le fait que les carrefours Florian et Pointe-Rouge du B.U.S n’aient pas fait l’objet d’une étude d’impact car « hors du projet ». Elle ne retient pas davantage le fait que l’étude d’impact ait omis d’étudier les Jardins familiaux Joseph Aiguier, au motif que les chargés d’études n’auraient pu y pénétrer – sans qu’aucun document ne vienne étayer cette affirmation.
Pollution et destruction d’espaces naturels
La Cour note également que si le projet n’entraînera pas une amélioration de la qualité de l’air, il n’est pas établi qu’il en provoquera la dégradation.  Enfin, elle passe avec beaucoup de désinvolture sur «…l’abattage des arbres se trouvant sur le tracé notamment dans la traversée de la pinède du Roy d’Espagne et la perte de quelques espaces naturels et de loisirs » qui ne seraient pas de nature à retirer au projet du B.U.S son caractère d’utilité publique.
La balle est donc dans le camp des responsables de la Métropole et de la Ville de Marseille qui doivent maintenant se positionner sans ambiguïté et remettre à plat ce projet archaïque, inefficace, destructeur et dangereux.
La Maire de Marseille, lorsqu’elle faisait campagne, s’est prononcée en faveur de l’arrêt des travaux des deux dernières tranches du B.U.S et a réitéré cette position depuis sa prise de fonction, de même que son adjointe à la Mobilité. Quant à la Présidente de la Métropole, elle avait annoncé, lorsqu’elle était candidate à la Mairie de Marseille, qu’elle faisait diligenter des études complémentaires dont les conclusions devaient être présentées le 15 mai. La Présidente a répété cet été dans l’hémicycle de la Métropole qu’elles seraient soumises de façon imminente à la commission mobilité. Nous les attendons toujours.
Pourquoi nous nous opposons à la poursuite des travaux
CANBUS rappelle les points qui motivent son opposition à la poursuite des travaux, et qui seront la base des échanges que les deux collectivités doivent entamer avec les représentants des citoyens et associations qui constituent le collectif :
  • Destruction d’espaces verts indispensables aux Marseillais pour pouvoir continuer à respirer et lutter contre la chaleur excessive que nous subissons chaque été : pinède Seigneurie/Tomasi, platanes de la cité Rochebelle, jardin de la Mathilde, jardins familiaux Joseph Aiguier, pinède du Roy d’Espagne, etc. représentant presque 10 hectares d’espaces verts cultivés ou boisés.
  • Absence d’étude de fonctionnement des carrefours. Le dossier d’enquête publique reconnaît pourtant qu’ils seront saturés aux heures de pointe dès leur mise en service, ce que l’on peut déjà constater sur la première tranche  ouverte, au carrefour Florian et au croisement du boulevard Sainte-Marguerite.
  • Construction d’un gigantesque carrefour au niveau de l’avenue de Lattre de Tassigny et du carrefour Tomasi, qui créera une rupture dans le quartier de Mazargues.
  • Augmentation de la saturation automobile de l’accès aux Calanques par Luminy, Morgiou, Sormiou et la Pointe-Rouge, et absence d’étude précise du doublement du flux arrivant sur le littoral par le boulevard Jourdan-Barry
  • Dégradation de la qualité de l’air tout au long du tracé du B.U.S, qui jouxtera plusieurs crèches, établissements scolaires et pour personnes âgées, équipements sportifs …
  • Risques accrus d’incendie pour les zones boisées traversées, notamment au Roy d’Espagne, situé aux portes des Calanques.
Des alternatives existent !
CANBUS demande qu’une étude alternative soit réalisée en urgence, qui prenne en compte ces différents points et s’appuie sur :
l’optimisation des voiries existantes,
la focalisation sur la mobilité active,
la sanctuarisation des espaces naturels en danger,
la valorisation d’une trame verte continue.

One thought on “Rejet de l’appel contre la déclaration d’utilité publique du Boulevard Urbain Sud : réaction du collectif CANBUS

  1. Comme tout un chacun, nous avons testé à des heures différentes la nouvelle portion Cabot- A52 depuis le Cabot. A chaque fois ce n’était que circulation en accordéon et bouchons, c’était pénible. La voie est très large mais on ne roule que sur une seule file. Notre ancien itinéraire: Sainte-Marguerite, passerelle Rabateau et accès A 52 a toujours été plus rapide en temps malgré le “problème” de la passerelle.
    D’autre part, le long de cette voie qui aurait pu être rapide, ils ont construit des immeubles à l’envie, augmentant ainsi la fréquentation. Moralité: saturation de ce qui devait nous “changer la vie”.

    Je passe sur le rond-point de la Mathilde où il est impossible d’entrer en venant du boulevard de la Gaye, ce qui nous oblige à faire le crochet par l’allée des Pins pour accéder aisément au boulevard du Cabot et le redescendre jusqu’à l’entrée de la L2: c’est pratique!

    Les arrêts fréquents nous ont permis de constater avec horreur une magnifique bastide, sans doute du XIXe, avec un bel escalier aboutissant direct sur la voie, et emprisonnée de grillage. Ce genre de construction appartient au patrimoine mais, plutôt que de la restaurer et le mettre en valeur, ils ont préféré l’ignorer et construire des immeubles à perte de vue.
    On fait vraiment table rase de notre passé et de la culture du beau.

    je voudrais finir sur une critique positive: La L2 n’est quand même pas toujours bouchée.
    La prendre à 23h, c’est un plaisir.

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