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Le confinement joue sur la qualité de l’air à Marseille. Si la pollution du transport routier est divisée par quatre ou cinq, elle est compensée par l’augmentation des particules issues des feux de cheminées. Quoiqu’il en soit, le Covid-19 trouve un terrain propice dans le villes polluées.

Beaucoup ont déjà vu passer ces photos satellites de la Chine. Elles montrent une diminution considérable de la pollution de l’air suite au confinement du pays causé par l’épidémie de Covid-19.

À Marseille, comme en France, le confinement est entré en vigueur depuis bientôt une semaine. Conséquence : le trafic routier a fortement diminué, et les transports en commun ont baissé de plus de 50 %. Quel est donc l’impact de la crise du Covid-19 sur la qualité de l’air ? Inversement, la pollution favorise-t-elle la propagation et la virulence du virus ?

Des conditions d’observation exceptionnelles

« C’est du jamais-vu », lance Dominique Robin, le directeur d’AtmoSud. L’arrêt de nombreuses activités permet à l’association régionale de surveillance de la qualité de l’air d’effectuer des mesures dans des conditions uniques. « Cela permettra de mieux comprendre les relations entre diverses activités et la pollution de l’air ».

Mais pour l’heure, ces conclusions seraient hâtives : « On s’attend à voir des baisses proches de la Chine, mais la question, c’est à quel rythme ? La pollution de l’air a une certaine inertie, et peut rester plusieurs jours en place. Depuis ce week-end, le vent s’est levé et on constate des premiers changements significatifs. Ça devrait se poursuivre avec la météo prévue les prochains jours ».

La pollution routière divisée par quatre ou cinq à Marseille

Première tendance à la baisse, les émissions du transport routier. Les capteurs d’AtmoSud l’affirment : « Les émissions d’oxydes d’azote, principalement liées au trafic routier, ont été divisées par quatre ou cinq autour des grands axes », explique le directeur d’AtmoSud.

Une diminution du même ordre est observée pour les particules “ultrafines” (1 à 2 nanomètres). « Une bonne nouvelle puisque ce sont les plus nocives. Elles s’introduisent dans les alvéoles pulmonaires et franchissent les parois sanguines ».

Les particules fines en hausse, la faute aux cheminées

Mais cette baisse ne concerne pas les particules plus “grosses”, dites particules fines (au dessus de 2 nanomètres). « On mesure même une augmentation », précise Dominique Robin. Comment l’expliquer alors que la majorité des activités est en baisse ?

« Le chauffage au bois », répond-il sans détour. Les instruments de mesure très précis d’Atmosud, notamment à la station de Longchamp, permettent de l’affirmer : « Il y a une augmentation très marquée, notamment la nuit, de la combustion de bois, qui vient en partie de la vallée de l’Huveaune. Confinés chez eux, les habitants ont relancé leurs cheminées ».

Cette augmentation est aussi possiblement liée à la combustion de déchets végétaux, causée par la fermeture des déchetteries.

Avec le confinement, la baisse d’une forme de pollution est donc compensée par une autre. « C’est important de le constater, et de rappeler que le chauffage au bois est aussi une question urgente de la pollution de l’air ».

Les particules PM 10 ont augmenté ces derniers jours

La pollution, alliée du Covid-19

Dominique Robin est sans détour sur une autre question : « la pollution de l’air est un facteur aggravant du Covid-19 sur les personnes infectées ». Selon lui, le phénomène est bien documenté, et les particules fines affaiblissent les personnes les plus fragiles face au virus. « Elles irritent et oxydent les voies respiratoires, et jouent sur l’immunité ».

Le 16 mars, L’ONG European Public Health Alliance (EPHA) a lancé une alerte dans ce sens. Sara De Matteis, professeure en médecine du travail et de l’environnement à l’Université de Cagliari, précisait : « Les patients souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires chroniques causées ou aggravées par une exposition sur le long terme de la pollution de l’air sont moins capables de lutter contre les infections pulmonaires, et plus susceptibles de mourir ».

Une étude portée par des chercheurs et des médecins de la Société italienne de médecine environnementale, parue la semaine dernière, va encore plus loin. Elle avance que la pollution aux particules amplifie la propagation du virus, et pourrait même le transporter. Cela contredirait la vision actuelle du Covid-19, transmis uniquement par les gouttelettes de salive.

Ces nouvelles données sont prises au sérieux par l’Agence régionale de santé (ARS) et AtmoSud, comme le confirme avec prudence Dominique Robin : « La question est en débat. Cette hypothèse est aujourd’hui sur la table ».

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