Embouteillages : «A Marseille, les heures de pointe sont de plus en plus étendues»

Si la situation s’est légèrement améliorée, la cité phocéenne reste très congestionnée. Elle se classe 2e ville la plus embouteillée de France.

Par Marc Leras, correspondant à Marseille (Bouches-du-Rhône) du Parisien 

Le 29 janvier 2020 à 06h55

« Mon temps de trajet peut aller du simple au double, surtout les jours de pluie où là ça devient vraiment la panique. » Comme de nombreux automobilistes marseillais, René s’est habitué à la circulation chaotique de la deuxième ville de France. Une agglomération plus étendue que Paris dont les quartiers ne sont pas tous desservis par les transports en commun.

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Petite bouffée d’oxygène, l’ouverture de la rocade L2, il y a un peu plus d’un an, a fait baisser de 30 % la circulation dans le centre-ville. Elle permet de relier l’A7, vers Aix et Lyon, à l’A51 vers Aubagne et Toulon. La cité phocéenne reste l’une des villes les plus embouteillées de France, la deuxième après Paris, selon TomTom.

« Les heures de pointe, notamment sur l’autoroute, sont de plus en plus étendues. Du coup, je pars assez tôt pour éviter les problèmes, témoigne Pierre, un magasinier qui effectue un aller-retour quotidien entre Marseille et Martigues. Après, c’est au petit bonheur la chance. Je sais quand je pars, mais pas trop quand j’arrive. »

« Le pire, c’est le matin et le soir pour accéder aux entrées d’autoroute, c’est l’enfer et malheureusement, c’est de pire en pire ! La L2 est un vrai aspirateur à voitures, il y a des ralentissements sur des kilomètres, déplore Bruno, chauffeur-livreur depuis 25 ans. Il suffit d’un accident et on est tous coincés. Lundi, il y avait un carton sur l’A55, et tous les chauffeurs ont mis une heure et demie au lieu de 20 minutes pour faire Vitrolles-Marseille. Pour être à l’heure au travail à 8h30, je pars de chez moi à 6h50. Il y a beaucoup trop de voitures en circulation dans cette ville. »

La plaie du centre-ville : le stationnement anarchique

Le centre peut connaître aussi des bouchons homériques qui paralysent littéralement Marseille. Parmi les plaies : le stationnement anarchique, objet de 320 000 contraventions l’an dernier dont un bon nombre dressées via un « scan car » spécialement dédiée à ce type d’infraction. « Marseille est l’une des villes les plus embouteillées d’Europe, mais la nuit, parfois, on peut la traverser sans problème. Donc en moyenne tout va bien », avait ironiquement lancé lundi le président du groupe PS Benoît Payan, lors du dernier conseil municipal de Jean-Claude Gaudin (LR). En cette période de campagne municipale, le trafic routier est devenu un enjeu politique.

C’est le cas notamment à travers le projet de « boulevard urbain sud ». Cette voie doit relier la L2 à la plage de la Pointe Rouge. Objectif : désengorger les quartiers est et sud. Le projet se heurte à la grogne des riverains et aux attaques de l’opposition municipale qui y voient « une aberration écologique ». La piétonnisation du centre-ville, qui a déjà commencé sur le bas de la Canebière, avec pour objectif de faire reculer la place de la voiture dans une ville pénétrée par trois autoroutes, fait, elle, plus consensus

Le trafic routier est devenu un enjeu politique,notamment à travers le projet de #boulevardurbainsud qui doit relier la L2 à la plage de la Pte Rouge. Le projet se heurte à la grogne des riverains et aux attaques de l’opposition municipale qui y voient «une aberration écologique»

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