Dans la Provence du 16 Mai 2020

Martine réfléchit…..

la Provence du 16 mai 2020

Pendant que le projet immobilier sur Les Charmerettes avance

Article de La Marseillaise du 14 Mai 2020

Au cœur du quartier du Cabot, un projet immobilier branché au futur Boulevard Urbain Sud prévoit d’amputer le domaine bastidaire suisse en chassant son maraîcher historique. Avec Némo son épagneul qui cavale dans les bosquets, Jean-Louis arpente les terres nourricières qui l’ont vu naître, celles que son père Jean Joseph Zurbuch cultivait depuis 1935. Le maraîcher de 67 ans a la pudeur de ne pas montrer son désarroi. Son accent plein de soleil fait écran. « Une semaine avant le confinement, le voisin est venu me dire qu’un permis était affiché sur la grille à l’entrée de la bastide, chemin de la colline Saint-Joseph. On nous fout dehors… », résume-t-il, lapidaire. Jean-Louis exploite 1,9 des 3,4 ha du domaine des Charmerettes pour un loyer annuel modique que son père et lui ont versé depuis 85 ans avec la ponctualité d’une horloge suisse à la Fondation Massalia Helvetia. Le promoteur Spirit entend y bâtir un (premier) immeuble de 42 logements. « Avec 700 euros de retraite par mois où je vais ? Ici ,j’ai mes poules pour les œufs, les tomates, les courgettes de ma campagne que je monte au marché des Arnavaux », raconte le cultivateur qui fait ses semis. « Une terre de partage » « Ici c’est un lieu rare, une terre de partage. Quiconque avait faim repartait le ventre plein », glisse Josyane sa sœur, le cœur serré devant l’album familial. « Quand je pense que tout ce que j’ai planté va être arraché, mon platane, mes lauriers », soupire Jean Louis. Son neveu Robin y voit un « saccage écologique ». « Ils ont déjà massacré le quartier avec de l’immobilier d’investissement. Au-delà des souvenirs d’une vie, c’est un paradis de biodiversité qui disparaîtrait. » Sa mère Marie-Hélène plaide pour les oiseaux, les papillons, les fleurs. « Et l’écureuil qui vient chercher son biscuit le matin, les hérissons, les sangliers. » « On a même eu un couple de renards » n’oublie pas tante Lilianne. Tous pensent que « cet endroit a du sens là où le monde en perd ». L’abandon du Boulevard Urbain Sud où se brancherait le projet sauvera peut-être Jean-Louis. Dire qu’une piste cyclable est prévue au droit de sa ferme !

 

1 – Le bonheur est dans les prés. « Mon père avait 23 ans quand le consul de Suisse lui a fait le bail car pour lui Zurbuch c’est un nom suisse, mais mon père il est de Sainte-Marthe » sourit Jean-Louis qui se souvient de la pie apprivoisée sur l’épaule de son père. « Elle volait à chaque fois le bouchon des joueurs de pétanque. Mon père m’avait raconté qu’en 1942, les Allemands avaient fait demitour devant l’entrée des Charmerettes car ici, c’était la Suisse ! ». 2 – « Je suis un petit paysan de rien du tout et je laboure encore avec mes vieux motoculteurs. Mon père lui avait ses chevaux. J’en ai eu sept et un mulet blanc qui n’en faisait qu’à sa tête ! » 3 – La maison qu’occupe JeanLouis avec sa sœur Josyane. 4 – À gauche, la résidence des Bruyères bâtie en 1970. Imaginez à la place de JeanLouis, un immeuble de 22m, des parkings.

 

2 thoughts on “B.U.S , VELO ,Projet immobilier …le monde de demain ?

  1. Bonjour
    Nous sommes un groupe suisse qui avons bien connu le Foyer Helvétique , le Grutli avec ses fêtes,… et nous sommes très vigilent au devenir de la propriété des Charmerettes.
    Nous allons étudier ce projet et voir ce que l’on peut faire.

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