La Provence du 3 octobre 2018

En matière de voiture thermique, la messe est quasiment dite. Ou, du moins, le sera dans quelques années. Le Danemark a annoncé, hier, l’interdiction des ventes de voitures fonctionnant à l’essence ou au diesel à l’horizon 2030. Douze ans seulement. Au Royaume-Uni, cette échéance devra être atteinte en 2040. Si l’Allemagne ne va pas aussi loin, des discussions hier ont cependant scellé le sort du diesel. Les sept millions de vieux diesels que compte le pays devront être soit adapté en installant un filtre à particules aux frais des constructeurs – qui n’ont pas donné leur accord sauf Volkswagen – soit remplacé par un véhicule plus récent grâce à une prime de reprise. Ces mesures sont pour l’instant limitées à 14 grandes villes, dont Munich, Cologne, Hambourg, mais ne concernent pas Berlin… La mise aux normes des véhicules commerciaux ou municipaux sera, elle, prise en charge à 80 % par le gouvernement allemand menacé par la Commission européenne de lourdes amendes en raison de son inaction – l’automobile pèse 800 000 emplois , de quoi faire réfléchir – contre la pollution de l’air. Sans attendre, Hambourg a décidé une interdiction partielle de son territoire aux véhicules diesel.

La France, quant à elle, ne va pas si loin concernant l’essence, mais va plus vite concernant le diesel : en 2024, il ne sera plus possible d’acheter un véhicule diesel dans l’Hexagone (Paris pourrait même totalement les interdire). Car, comme dans le reste de l’Europe, les carburants fossiles ne sont plus les bienvenus. À l’instar de l’Allemagne, la France a été renvoyée devant la Cour de justice de l’UE pour manquements à ses obligations contre la pollution au NO2 largement émis par le trafic routier, en particulier les véhicules diesels, dont on estime qu’elle provoque la mort prématurée de 48 000 personnes chaque année dans notre pays. Pour accélérer les choses, les Amis de la Terre et 76 autres requérants, ont saisi le Conseil d’État pour obliger l’État à tenir ses obligations en matière de respect des normes de la qualité de l’air sous astreinte de 100 000 € par jour ! La situation pour les propriétaires de diesels, dont les ventes s’effondrent – en raison de l’augmentation des taxes sur le carburant, qui le rendent moins compétitif, d’équipements de dépollution toujours plus coûteux et de séries de production plus courtes -, s’annonce intenable. D’autant plus intenable que les dispositifs de type Crit’Air, qui dévalorise le diesel, se multiplient. Sans parler des ZCR, ces zones de circulation restreintes où il est peu à peu banni. Sans parler des ZFE, ces zones à faibles émissions, qui pourraient limiter à terme, dans toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants, l’accès (surveillé par caméras) des centres-villes aux véhicules les plus polluants. De quoi décourager les accros aux véhicules thermiques. Dont la survie ne tiendra qu’aussi longtemps que l’électrique ne sera pas à même d’offrir une alternative crédible.

Votre association Sauvons La Mathilde fait partie des requérants ayant rejoint les Amis de la Terre pour saisir le Conseil d’Etat.

 

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